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TweetEn France, on est encore à peu près chanceux. Internet se développe doucement dans nos contrées, et l'ancien monopole des lignes téléphoniques détenu par France Telecom, qui ne s'est pas laissé faire pour ouvrir son réseau gratuitement et facilement aux nouveaux concurrents, nous a aidé à garder une certaine neutralité du Net, enfin, pour quelques temps. Déjà avec Internet, la concurrence avait du bon. En effet, Les nouveaux FAI essayaient surtout de se battre pour prendre une part du gâteau, sans chercher à forcément brider quelques protocoles. Ça n'était, c'est certain, pas la meilleure des politiques pour attirer les clients. Les premiers bridages, en question, était plutôt synonymes de connexions plus lentes, généralement mais libres
Encore que tous ne jouaient pas le jeu, comme pour Free, qui ne se gênait déjà pourtant pas pour remettre en cause une certaine neutralité du réseau. Oui, vous vous souvenez, il y a encore seulement quelques petites années ? Pour en avoir fait les frais, cet opérateur bridait les lignes non-dégroupées (c'est à dire appartenant encore à France Telecom) au travers des protocoles de partage, et notamment du P2P. Free filtrait même selon les logiciels lancés par l'utilisateur (reconnus grâce à leurs en-têtes), et appliquait même des déconnexions régulières pour faire sauter les VPN... Pour les non-dégroupés, Internet de Free se résumait déjà à du simple surf amélioré. Ce n'était pas dans le but précurseur de faire plaisir aux maisons de disques et du cinéma bien sûr, mais pour économiser de la bande passante, chèrement louée à l'opérateur historique. Encore aujourd'hui, il semble que ce soit toujours le cas aux heures d'affluences...
De nombreuses entreprises ont donc, avec l'ouverture du réseau, tenté de percer, et quelques années plus tard, suite à des regroupements commerciaux quatre FAI français sortaient vraiment du lot. Quelques-uns font encore de la résistance, et pourvu que ça continue, mais dans l'ensemble les quatres FAI majeurs semblent être aujourd'hui installés confortablement dans les zones stratégiques françaises et savent même s'entendre. La concurrence ne se bat désormais plus sur la vitesse de connexion (dont la limite technique liée aux vieux fils est atteinte), mais plutôt sur les services et contenus annexes proposés. Et, c'est bien là le danger pour le réseau Internet. Pour promouvoir leurs services et les contenus médiatiques des grands groupes, et parce que finalement les lignes n'ont pas fait de bons extraordinaires en terme de vitesse et de bande passante exploitables, les FAI commencent à brider les lignes, afin de laisser la priorité aux contenus qu'ils veulent nous vendre. La fameuse neutralité du net prend alors un bouchon de champagne dans la tronche, et risque d'avoir bien du mal à s'en remettre, aidée récemment en cela, par le gouvernement qui tente d'envoyer des rapports fallacieux sur la neutralité du Net, afin de faire comprendre aux fournisseurs d'accès, qu'ils ont le feu vert pour continuer leurs manœuvres.
Mais en quelques mots, vous savez, ce que c'est la Neutralité du Net ? C'est vraiment un concept tout simple à comprendre. Internet est un réseau qui se compose d'un point A (un site, un client, ou un protocole de partage, par exemple) pour aller chez vous, au point B. Ce passage de A à B ne doit, pour respecter cette neutralité native d'Internet, jamais être modifié, détourné ou stoppé. Il peut quand même être interprété et analysé, dans un but normalement statistique. Enfin, ça, c'est dans l'idéal... En sommes, tout filtrage qui serait appliqué par un tiers autre que le point B déroge à LA règle du réseau. Ainsi, tout service qui discrimine le contenu du réseau Internet pour l'exploiter de manière commerciale (en faisant payer, par exemple avec Internet dans ses forfaits mobiles, Twitter, Youtube et facebook) ne le respecte plus.
En revanche, certains contenus peuvent ne pas respecter non plus les lois, comme tout ce qui provient de la pédophilie, par exemple. Que peut-on alors faire pour faire respecter ces lois françaises ? En aucun cas, la solution vient du filtrage sur le point B (côté client) qui ne prend que ce qu'il trouve. Une surveillance des contenus échangés (sans y toucher) suffit pour intervenir côté serveur (ceux qui proposent). On ne peut clairement pas dire que ce soit le but de la future LOPPSI ou même d'ACTA... Comme pour Hadopi, plutôt que de punir par la sanction financière et administrative, il suffirait de surveiller les sources et l'identité des contenus échangés. Si, un contenu provient d'une licence interdisant l'échange, il suffirait de couper l'envoi du logiciel, jusqu'à sa prochaine reconnexion, car il peut très bien servir à d'autres échanges libres. Free savait si bien le faire dans les zones non-dégroupées... Plutôt que de perdre des millions dans cette mauvaise loi qu'est Hadopi, ils auraient été préférable au développement d'une telle technologie de reconnaissance et d'identification. Mais je ne suis pas un fin technicien, loin de là.
Dans le simple exemple du forfait mobile proposé ci-dessus, on voit clairement les enjeux de la libre concurrence qu'Internet sait auto-réguler tout seul. Pourquoi privilégier un service (twitter...) et faire payer pour accéder à ses concurrents (identi.ca...) ? Seulement, histoire de donner un petit coup de main aux entreprises fainéantes ayant déjà les pouvoirs dans le monde réel, les gouvernements préfèrent se débarrasser de cette gênante neutralité afin de prendre le contrôle du réseau et de tenter de leur donner toujours plus du pouvoir qu'elle savent réclamer... Pour parachever le tout, une fois certains contenus seulement autorisés, ils ne leur restera plus qu'à obliger l'identification numérique de chaque Internaute pour définitivement contrôler qui peut et fait quoi. Finalement, ne pas obéir à la seule règle d'Internet, c'est définitivement l'inverse de la libre gestion, de la liberté individuelle de créer une libre-concurrence, et de librement penser à l'opposé.
Heureusement, certains l'ont bien compris, et notamment un certain monsieur Christian Paul, du paysage politique de l'opposition française, qui fût déjà véritablement présent pour protester contre Hadopi. Aujourd'hui, il propose un texte de loi, qui va, justement, dans le sens d'une vraie neutralité du Net, et qui fera date - si nécessaire avant que les carottes soient cuites. Certes, c'est peut-être aussi son rôle de mener le contre-pouvoir mais, si la Gauche avait été au pouvoir, une telle loi aurait-elle put être présentée ? En tout cas, merci à lui pour ce bon sens...
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Source : Numerama
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