Gallimard s'oppose à une traduction de François Bon et censure

vieil homme et la mer

Gallimard s'oppose à une traduction en français de François Bon du livre "Le vieil homme et la mer" de E. Hemingway et le fait censurer


Vous avez aujourd'hui très certainement entendu parler de l'affaire qui oppose François Bon et l'éditeur Gallimard, ce dernier lui reprochant d'avoir créé une contrefaçon en traduisant en français illégalement l’œuvre de Ernest Hemingway, "Le vieil homme et la mer". Il l'avait mise notamment sur Publie.net en format numérique et celle-ci avait été téléchargée à 22 exemplaires. Oui, 22, mais qu'importe !

Gallimard est donc devenu amer, et à fait retirer cette traduction "illégitime", Mais le Net étant la forme la plus pure de la liberté d'expression, lorsque l'on sait s'en servir, la censure n'y a pas sa place, quoique fassent les Politiques pour venir en aide aux vieux lobbyistes qui préfèrent sortir la règle ou le bâton de la répression plutôt que de chercher à s'adapter.

La traduction de François Bon peut désormais se télécharger ici.

Ce livre avait bien sûr déjà été traduit par Jean Dutourd dans une édition parue en 1952. Un livre, suffisamment connu pour ne pas revenir dessus, puisqu'il sert aussi de livre d'étude dans les écoles. En ce sens, est-il utile aussi de rappeler qu'il a donc été déjà maintes fois acheté par nos impôts, tous les ans, puisque c'est l'État qui l'achète pour les bibliothèques municipales publiques, et que ce sont les professeurs qui les commandes pour nos grandes têtes blondes, bien sûr au format papier.

À savoir aussi que ce livre est d'ailleurs passé dans le domaine public, mais uniquement au Canada. Aux États-Unis et donc en France, c'est toujours Gallimard qui détient les droits d'exploitation même au format numérique. Rappelons aussi que régulièrement les détenteurs privilégiés disposant des droits d'exploitation de ces œuvres se font voter des lois pour rallonger le temps de détention de leurs droits, comme le montre ce graphique très parlant. laissant même augurer du pire pour l'avenir, concernant les œuvres passées dans le domaine public. La première mesure de copyright aux États-Unis est le Copyright Act de 1790, protégeant les œuvres pour 14 ans, renouvelables une fois si l'auteur était encore en vie (via wikipedia). Le 13 septembre 2011, ce droit est passé de 50 à 70 ans après l'enregistrement de l’ouvre.

Très bien. Que les industries, paraît-il, culturelles censées protéger et défendre les droits d'auteurs fassent leur boulot est une chose. Mais la question que je me suis posée, concernant ne serait-ce que cette œuvre c'est : est-elle au moins disponible dans l'offre légale numérique ? J'ai pourtant cherché, en vieux baroudeur, mais hormis des ebooks au format epub, pdf, txt, en provenance parfois de sites aux pratiques douteuses qui demandent d'appeler des numéros surtaxés pour pouvoir télécharger ce livre, je n'ai rien trouvé au format numérique. Et à raison, puisque sur les plus grandes plates-formes, que ce soit la Fnac ou Amazon, Gallimard ne vend même pas légalement l’œuvre qu'elle est censée protéger et même proposer et défendre. Hormis des livres Pochés ou Brochés en Papier, rien est disponible au format numérique (je répète, mais j'insiste). Dans ces conditions, comment légitimer une telle protestation quand l'offre légale est absente ?

J'aimerais aussi comprendre pourquoi Gallimard ne s'est pas plutôt intéressé à cette nouvelle traduction avant tout, au lieu d'agir en oppresseur ? Pour avoir été aussi réactif, l'éditeur devait forcément avoir connaissance du projet qui ne se fait pas en un jour. Un vrai Bad Buzz donc pour la maison d'édition.

Enfin, il faudra s'y faire avec Internet, et c'est pour cela qu'un traité comme ACTA est dangereux : chacun peut et doit prendre la parole pour créer du contenu ; c'est la nouvelle culture du numérique, et celle-ci n'empêchera pas la filière légale de continuer de vivre, contrairement aux idées reçues et propagées par les peureuses, bien au contraire.

Sur ce, je vais aller commencer avec enthousiasme et curiosité, cette nouvelle et rafraîchissante lecture sur mon Kindle.


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