Le Clash entre Telecomix et l'AFP ; la sécurité n'a pas de prix

L'Agence France Presse (AFP) ne savait-elle pas qu'il existe des alternatives à Windows et à Skype pour communiquer avec des militants ?


Difficile de s'exprimer sur un sujet aussi délicat, et pourtant, je me décide finalement à prendre ma petite plume pour m'exprimer, petit blogueur que je suis ; peut-être surtout pour contenter ma colère face à l'Agence France Presse et son attitude insupportable croyant, du haut de son statut élitiste, tout savoir. En effet, comment cette agence de journalistes hautement qualifiés, peut-elle manquer à ce point d'humilité, face à la critique, virulente mais justifiée et constructive, venant d'hacktivistes - ici Okhin - de Telecomix ? Ses agents font beaucoup et partagent énormément d'énergie pour essayer de protéger les opposants de régimes dictatoriaux en leur redonnant la possibilité de retrouver cette liberté d'expression perdue. Il faut croire que plus les moyens financiers sont importants, plus la mépris est grand.

Dans une récente intervention de l'AFP, un journaliste contacte un militant syrien, en utilisant - excusez du peu - le logiciel Skype. Le fameux, Skype de Microsoft souvent décrié pour ses failles, ses possibilités de surveillance, ses problèmes de sécurité et ses portes ouvertes, façon Lawful interception... Et pourquoi pas utliser une messagerie de type Hotmail pendant qu'on y est ? Je n'aurai jamais imaginé une inculture de la sécurité numérique aussi profonde de leur part.

Quand on sait, en plus, à quel point le régime actuellement en place dans ce pays surveille son peuple, il est plutôt - c'est le moins que l'on puisse dire - maladroit d'utiliser un tel logiciel de communication. L'AFP, dans son article, se défend en expliquant que son interlocuteur n'a pas donné son vrai nom. cela ne change rie ; la surveillance opérée est tout à fait capable d'identifier une personne, bien malgré elle.

Heureusement, on peut compter sur des hackers et des activistes intelligents comme Skhaen et Kitetoa. Ils se sont à leur tour exprimé sur reflets.info pour remettre les choses à leur place et rappeler quelques vérités. Ils ont écrit un article absolument fabuleux, et ouvrant grand les bras, pour expliquer comment et pourquoi l'AFP a commis plusieurs erreurs ; notamment celles d'utiliser des logiciels privateurs, et surtout de croire qu'il n'existait pas d'autres alternatives. C'était d'ailleurs sur ce point que ma colère est montée.

[...] Skype. C’est, la plupart du temps, leur seul moyen de communication avec l’extérieur.

Le premier qui me vient à l'esprit, en tant qu'alternative à Skype, c'est Mumble, mais il existe bien sûr d'autres moyens de communiquer de façon plus anonyme pour au moins faire l'effort d'assurer un minimum la sécurité de ses sources. Surtout, tout journaliste un peu fouineur dans un contexte aussi difficile devrait logiquement comprendre qu'il est impératif de mettre en place tous les moyens convergeant dans la sécurité. L'open-source, le logiciel libre, ce n'est pas fait que pour les barbus et à moins d'être vraiment imbus, il y aura toujours des whitehat pour venir aider. On pourra citer en exemple comme Tails.

Une chose est sûre : cette colère qui n'est clairement et uniquement pas la mienne, aura eu le bon ton de faire bouger les choses.


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