Le Kindle 4 en France en octobre, et une vieille histoire de DRM

L'information principale de cet article, c'est la probable et imminente sortie d'une version française du Kindle (une nouvelle version 4 comme le laisse suggérer Frédéric Martel dans son tweet ou une version localisée du numéro 3 ?) dans lequel de nombreux livres en français y seront disponibles, notamment par le biais du groupe Hachette Livres. C'est une belle opportunité mais, l'information qui m’intéresse le plus, ce n'est pas cette rumeur, qui, même si elle s'avérait vraie, ne reste qu'une simple évolution du marché sur lequel tant d'éditeurs lobbyistes ont eu du mal à s'intégrer. On peut y voir, en passant, une flagrante corrélation avec l'industrie musicale qui a préféré d'abord rentrer à la louche de nombreux DRM dans les musiques afin de limiter les actions de copies et surtout afin d'essayer de maîtriser son secteur aux dépends du véritable consommateur, incapable alors de lire ses titres achetés ailleurs que sur un support fermé et voué à disparaître.

L'avenir aura montré que l'absence de DRM ne nuisait pas au marché, et surtout, qu'il permettait enfin aux honnêtes acheteurs de ne pas avoir besoin de pratiquer le piratage, ni d'y avoir recours sans arrêt pour profiter de leurs achats lorsqu'ils changent de support, choses encore parfois difficile dans le monde du livre numérique venant des grands éditeurs aujourd'hui.

Il semble que cette leçon n'a pas été entendue de cette manière par Arnaud Nourry, PDG de Hachette, l'une des plus grosses maisons d'éditions de livres au monde. Il s'est exprimé dans l'émission du 4 septembre 2011 (à la fin) sur l’émission SoftPower sur France Culture en voulant lancer sa petite "pique" :

Le livre numérique, c'est formidable, mais je suis sûr que dans 10 ans tous les livres que vous avez acheté au format numérique, vous ne pourrez plus les lire.

Effectivement, Mr Nourry. Injecter à tout va du DRM dans vos livres numériques empêchera les honnêtes consommateurs, ceux qui ont acheté actuellement dans votre maison d'édition, de pouvoir profiter de leurs livres sur d'autres supports futurs. Mais n'est-ce pas là votre business model, celui de forcer au rachat des mêmes contenus ? Difficile de ne pas comprendre le risque pour vous de voir un livre dans un format standard, car le numérique, ce n'est pas comme le papier, avec le temps, il ne se désagrège pas. J'entends donc dans votre phrase votre intime volonté de continuer à pourrir de DRM le marché sur de nombreux supports fermés. Votre amoureux de la lecture ne doit pas avoir à se soucier du format du livre ; il doit pouvoir le lire sur ce qu'il a envie, que ce soit une tablette tactile ou une tablette en pierre, ou il ira le chercher ailleurs.


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