Découvert hier soir tard, via twitter, je me devais de vous en parler, au moins aujourd'hui. PirateSourcil est un auteur de BD, (plutôt connu) qui détient un véritable talent au bout des doigts. Mais, il a réalisé récemment une planche intitulée "Une histoire de petite culotte à l'école" qui s'est vue attirer les gendarmes du Pharaon "Pharos", une branche de l'OCLCTIC chargée de lutter contre la cybercriminalité ; oui PirateSourcil est un cybercriminel, rien que ça ! Sa convocation à la gendarmerie l'a conduit à retirer ou censurer en partie sa BD, sans qu'un juge n'ait besoin de se prononcer sur ce caractère illicite. Un peu de pressions auront suffit. Il dénonce brièvement sa mésaventure ici et explique que de toute manière, elle est aussi présente sur d'autres sites... Avec l'effet Streisand, on n'est pas prêt de l'oublier, sa BD.
Le problème est en fait multiple.
D'abord, sa planche n'est en rien dotée d'un caractère illicite. Elle relève plutôt de la liberté d'expression. Aucune nudité n'est présente et on peut juste y dénicher un certain mauvais goût mais indispensable au métier d'humoriste. Sa planche se termine par un enseignant qui relève sa braguette après s'être exprimé sur le fait que les jeunes n'ont aucun sens des valeurs de l'argent. On devine, mais sans aucune vulgarité, que la jeune fille vient de passer à la casserole contre un billet (de 10 euros). Un humour acéré donc, mais qui ne représente en rien une incitation à la pédopornographie, et quand à l'éthique, elle reste, même pour un jeune, intacte et sans bavure, selon moi... je lui trouve même une certaine valeur éducative. Faut-il croire que notre gouvernement ne veut plus de ce que l'on appelle l'Humour en France ? Cette détente de l'esprit n'est-elle plus autorisée et doit-elle être totalement aseptisée et vidée de sa substance ? Pour un peu, on pourrait croire que la gouvernance française se prend à imiter le modèle d'Apple, qui autorise à ses clients uniquement les contenus qu'elle juge elle-même bons à voir pour rester dans son contrôle saint d'esprit. La séparation des pouvoirs, pourtant, c'est une chose qu'on apprend (de mon temps en tout cas) à l'école.
Ensuite, c'est l'OCLCTIC, l'organisme qui se charge donc d'identifier les mauvais contenus qui va faire en sorte de censurer les sites en France, notamment grâce à notre super loi dite, LOPPSI. Ne rigolez pas trop, selon Le Figaro, déjà plus de 1000 sites sont sur la liste noire et bientôt filtrés obligatoirement par les FAI. Autrement dit, sans cette convocation à la gendarmerie, l'article ou même pire, le blog de PirateSourcil, se serait vu mis dans la liste noire des sites que les FAI doivent (et devront donc bientôt) bloquer. Et, le pire, c'est que j'imagine bien que les auteurs des futures pages bloquées ne seront pas prévenus et ne s'apercevront donc pas que leurs oeuvres ou blogs ne seront plus visibles en France ; sauf, bien sûr, à vérifier auprès d'un analyseur de statistiques la réception du trafic.
J'ai honte de ce pays paternaliste et il serait quand même temps de changer les mentalités, surtout que dans ce cas précis, cela démontre bien que la censure sans juge est une censure injuste et même injustifiable.

La BD complète, pour que vous vous fassiez votre propre jugement peut se trouver ici (via choualbox qui se verra surement bloqué par les FAI en janvier).
Est-ce que cela veut dire, dans mes propos, qu'il faut laisser faire tout et n'importe quoi ? Non, mais ça vaut dans ce cas pour le gouvernement aussi, à l'origine de cette vilaine autorité méprisante à l'égard de ceux qui font vivre et penser la société. Un juge, dans ce cas j'en suis sûr, n'aurait surement rien vu à redire et aurait tranché la question en faveur de l'humoriste. Et puis, franchement les gendarmes du numérique n'ont pas d'autres chats pédophiles à fouetter sur la toile, pour s'attaquer à un petit artiste passionné ? Quelle honte.
PirateSourcil, la censure de sa BD sans juge a encore frappé

