L'analyse financière, ce n'est pas trop mon truc. Les chiffres, quand ils sont composés de plus de 4 nombres, ça devient vite compliqué. Mais, lorsque j'apprends sur le Wall Street Journal que Spotify - qui est présente aujourd'hui dans 15 pays - a tout de même perdu plus de 45 millions d'euros en 2011, alors qu'elle n'était déficitaire que de 28 millions d'euros en 2010, je commence à réfléchir et à chercher les raisons d'un tel fiasco.
En 2011, Spotify accusait dans ses comptes 32.8 millions de comptes payants pour une moyenne de 5.73 euros par client. Cela fait donc tout de même près de 188 millions d'euros qui sont rentrés, mais depuis 2008, Spotify aurait aussi versé près de 200 millions d'euros aux voleurs Labels, notamment et principalement pour acquérir les droits de diffusions en streaming d'une partie de leurs catalogues.
Ce que l'on retient donc, avant tout, c'est que la perte est progressive, mais que son déploiement au niveau mondial dans les pays riches - qui est probablement la cause de cette perte constante - touche à sa fin. Il sera intéressant de suivre l'évolution financière pour cette année et la suivante. L'investissement a donc été lourd, mais les Majors sont loin d'avoir dit leurs derniers mots, ni fini de dicter leurs conditions. L'étranglement financier, elles connaissent, même si, Spotify, avec son intégration dans facebook, est devenue une offre légale 2.0 qu'il ne vaudrait mieux pas trop faire sombrer trop profondément.
Enfin, Selon cette infographie de Ditto Music, les artistes sont rémunérés par Spotify à la lecture (cf image) :
- de 0.0012 dollar en stream gratuit
- à 0,0153 dollar en stream premium
- - soit une moyenne (non équitable en parts) de 0.00825 dollar par lecture
- - soit 120 lectures pour un titre vendu 0.99 dollars
Ce qui est sûr, c'est que ce sont les Majors qui détiennent tous les pouvoirs sur Spotify en vendant cher leurs catalogues renouvelables, et que ce ne sont donc pas les rémunérations des artistes qui sont censés toucher une moyenne de 0.008 centime par lecture, qui vont la faire couler. 188 millions d'euros ça fait un potentiel rémunérateur de 22.787.878.787,87 lectures, soit sur 32 millions de comptes, 712 lectures par client.

