Twitter ou les tweets avec frontières (censures gouvernementales)

Twitter devient trop populaire et sa présence dédiée et fondée à l'origine pour servir la liberté d'expression peut gêner dans certains pays. La Chine, par exemple, bloque tout simplement le petit oiseau bleu, mais la France, avec d'autres pays, veulent que leurs lois soient respectées, et tout autant sur le réseau virtuel. Internet, n'est-ce pas, justement un lieu (de rencontres et de rassemblements) numérique sans frontière, normalement ?
Pour rappel, Twitter a logiquement la capacité de détruire les messages qui y transitent ou tout du moins de les rendre inactifs. Malgré ça, il ne semblait pas encore avoir la possibilité de les censurer en fonction des pays, et ce sera désormais chose faite, comme l'annonce officiellement le service de micro-blogging. Ça tombe bien, puisqu'un compte a besoin d'être associé à un pays.
La liberté d'expression a donc bien ses limites et elles ne sont pas les mêmes partout. Un tweet pourra donc être visible à certains endroits de la planète, mais pas à d'autres ; c'est la logique des frontières gouvernementales et une ligne Maginot sur Internet. On n'arrête donc pas le progrès quand il s'agit de défendre les droits et les libertés sur la toile et au final, c'est la porte ouverte à toutes les censures. Bien sûr, ceux qui utilisent un proxy ou un vpn n'auront pas ce souci. Twitter promet de la transparence sur cette censure, par le biais du site indépendant de la EFF ChillingEffects.
Ce que fait Twitter ici, c'est donner - sûrement en réponse à des demandes, les moyens aux gouvernements de faire appliquer leurs censures. De toute manière, le service n'a pas de mal à suspendre des comptes et à supprimer des hashtags gênants dans le "top trend". Logique donc de la part d'une entreprise privée de servir ses intérêts et de collaborer, mais quand on pense que Twitter avait de son côté milité contre les lois SOPA et PIPA, ça laisse songeur. C'était une lutte surtout, pour ne pas se faire plumer les ailes en plein vol.
Reporters Sans Frontières adresse une lettre à Jack Dorsey, Monsieur Twitter, pour lui demander de revenir sur cette censure géolocalisée qui donne aux gouvernements, un contrôle total sur ce service.




