Watermark ou Marquage : l'anti-DRM pire que les DRM ?

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Le 4 mai prochain, ce sera la journée mondiale contre les DRM, comme le rappelle l'APRIL. Les DRM ou Digital Rights Management, ce sont ces verrous numériques présents un peu partout dans nos fichiers et censés nous empêcher de les copier ou même de les lire sur certains de nos matériels préférés.

Les vidéos en sont toujours blindées, et les musiques n'en ont presque plus aujourd'hui sur une majorité de plates-formes ; enfin, sauf chez les tiers de confiances des majors pratiquant les offres de musiques illimitées qui proposent toujours des wma verrouillés à télécharger. Les DRMs ne sont donc toujours pas morts, et ils sont loin de l'être. On les retrouve même facilement chez les nouveaux arrivants dans le domaine du numérique : les ebooks, même si des efforts sont faits et que certains gros éditeurs comme Tor/Forge décident de s'en débarrasser. Concernant la musique et surtout les jeux-vidéo, les DRM sont substitués par des plates-formes obligatoires comme Steam, Origin, Spotify, Deezer...

Mais une nouvelle forme de DRM, certes nettement moins restrictive mais peut-être tout aussi pernicieuse, commence doucement à remplacer les anciens systèmes. On peut donc désormais acheter de plus en plus de musiques et de livres "sans DRM", sauf si on considère le watermarking (marquage ou tatouage) comme un verrou. Le watermarking consiste à écrire dans les tags de ses MP3 et dans chacune des pages de ses ebooks fièrement achetés, le nom, l'email, l'identification client, la date d'achat... Certains luttent contre le fichage abusif mais ici aussi, on n'est pas loin d'un 1984, ou d'un point Godwin. Désolé, je m'emporte un peu, mais je trouve que cette solution plus fourbe aurait besoin d'être mieux contrôlée.

Taguer les livres numériques est une idée intéressante, mais pas sous cette forme qui est une vraie atteinte à la vie privée en exposant au premier venu les coordonnées de tout le monde, avec la possibilité de le faire passer pour la pire des crapules en passant. Le problème selon moi, vient essentiellement des informations marquées. Seul un numéro devrait pouvoir être enregistré ; à charge aux éditeurs d'en faire le suivi par la suite.

En effet, quid d'un livre numérique que l'on veut offrir, revendre ou même simplement prêter, avec ce système de marquage, si le receveur en profite pour le déployer sur les réseaux ensuite ? Les DRM étaient censés empêcher ça, mais le marquage fait la même chose, même si c'est d'une façon plus "morale". Faire un cadeau un prêt ou une revente, c'est donc prendre le risque de devenir un pirate par procuration, et il faut savoir que ces deux dernières possibilités sont tout simplement interdites par les conditions d'utilisations de certains éditeurs. Est-ce donc responsabiliser l'honnête internaute que de lui inculquer la peur de l'autre, l'interdiction de partager avec ses amis sa culture ? C'est à cela que l'on reconnaît les vrais DRM. Est-ce vraiment rendre responsable l'internaute si ce dernier perd sa clé USB contenant quelques-uns de ces récents fichiers marqués ? Quid d'une liseuse volée, ou oubliée ?

Faudra-t-il que les éditeurs se retournent contre leurs clients devant la justice en cas de déploiement massif de leurs œuvres ? Si on doute que ça arrive un jour, ce marquage, c'est quand même la même chose que le tatouage des chiens devenu obligatoire pour pouvoir les suivre, les soigner et les retrouver quand ils s'égarent. Une chose est sûre, les éditeurs ne risquent pas d'abandonner ce "nouveau" système de DRM de si tôt.

TheSFreader se pose des questions similaires, et c'est cet article qui m'a motivé à réagir.

Bannière journée internationale contre les DRM


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