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J'avais récemment lancé un jeu pour faire gagner en avant-première avant tout le monde le droit de débloquer la démo de Ninja Blade. Aujourd'hui, il est temps pour moi d'écrire quelques lignes supplémentaires sur ce jeu après avoir passé quelques heures dessus, non sans une certaine passion.
Je n'ai pas parlé d'addiction, ici parce que je suis l'un de ces joueurs entièrement d'accord avec Yann Leroux, un psychanalyste, expliquant dans cette interview sur IntenetActu.net que l'addiction dans les jeux vidéo n'existe pas. Pourtant, je suis un ancien joueur de WoW ayant passé plus de deux ans dans cette vie numérique, comme quoi... Cela dit, pour ressortir le clou, j'entendais encore ce matin sur France-Info, dans une mini-conversation peu argumentée (comme à l'accoutumée) que la cyber-dépendance peut se faire soigner dès l'instant qu'on passe un certain temps devant son écran, ou que l'on ne déjeune plus... Cyber-dépendance et autres "addictologie" associées à la vie numérique ? N'y-aurait-il pas du business à se faire pour la profession de Yann ou sont-ce des tentatives "cachées" de culpabilisation des Internautes pour les remettre dans le droit chemin ? Bon, passons, avant que je ne m'emporte...
Nous voilà donc à Tokyo en 2015 dans la peau de Ken (pas le survivant, hein...), un ninja aux pouvoirs étranges. La ville est infectée par des vers pas bien gentils menaçant la ville, et de manière plus anodine le monde. Oui, en effet, une fois infectés, les gens deviennent de dangereux pirates, terroristes et donc potentiellement des futures internautes. Hum, non, je m'égares, là. Le scénario de Ninja Blade est tout ce qu'il y a de plus classique dans l'univers du manga. C'est très japonisant, peut-être même trop pour le continent européen, mais les fans apprécieront.
Le plus drôle, c'est quand les protagonistes dans l'histoire parlent une fois japonais, et l'autre fois américain. Un bug de ma version de test ? Un manque de temps pour rendre le tout homogène ? Une volonté marquée, que je n'ai pas su saisir ? Heureusement, la traduction, elle, reste toujours en français, quoiqu'il arrive, même si, sur un écran SD (les vieux tubes cathodiques...) les écritures sont peu lisibles. Dans les menus, c'est d'ailleurs pareil. Il va vraiment falloir que je change pour un LCD, mais bon, c'est la crise, non ?
Graphiquement, l'ambiance est bonne, et les détails ne sont pas manquants, mais encore une fois, en SD, difficile de juger. Les animations sont rapides, les coups bien retranscrits et assez spectaculaires, mais en revanche, lorsqu'il y a un peu trop d'ennemis sur l'écran, on subit quelques ralentissements de la console. J'ai même eu un bug dans le niveau 7 dans lequel la console à plantée. Ça fait toujours plaisir ! Techniquement, il me parait donc un peu limite, même si, sur ce coup d'épée, je suis un peu trop tatillon, parce que même la caméra (ajustable avec le stick droit) n'est que très peu prise en défaut. Notons au passage une mise en scène grandiose.
Passons maintenant au meilleur : la jouabilité. J'avoue, si au démarrage, dans les deux ou trois premiers niveaux, on tâtonne un peu, le temps de tout digérer, on finit par prendre le coup (si, j'insiste) et même se faire plaisir. Le gameplay est donc évolutif, et permet d'apprendre à mieux maitriser son personnage, qui dispose d'un panel de techniques important mais accessible. On ne dispose pas des techniques innombrables à la Tekken mais plus d'une dizaine de coups sont bien présents et à débloquer par arme, qu'on compte au nombre de quatre. Les combinaisons sont donc nombreuses avec une arme lourde mais lente qui balance la purée, les petites lames ultra rapides mais qui font peu de dégâts aux gros ennemis et le sabre (non, pas laser...) qui se situe entre les deux, mais qui sur la fin deviendra une arme ultime... On dispose de deux jauges, et chaque monstre ou caisse dégagé(e) rapporte des points pour améliorer le niveau des armes, et pour regagner de la vie, ou du mana qui servira uniquement au Shuriken magique. Celui-ci sera imprégné au fil des niveaux par les premiers éléments (foudre, vent, feu...) que l'on pourra balancer à la tronche des pas beaux, ou accessoirement pour débloquer des passages.
D'un point de vue du level design, je dois bien avouer que les développeurs chez From Software ne se sont pas trop cassé la tête. On comptera 8 niveaux, avec de grosses redondances sur le dernier, comme l'araignée géante qu'on devra renvoyer en enfer avec exactement la même technique que celle présente dans la démo. Concernant les boss, ils sont nombreux et impressionnants et demandent chacun une technique spécifique pour les vaincre. Notons aussi le système de QTE régulier et bien intégré qui, en cas d'échec, permet de revenir quelques instants en arrière afin de recommencer. Par contre, le dernier level est stressant et lourdingue à mon goût, mais il a l'avantage d'élever le niveau de stress au même titre que le challenge.
On a quand même cette impression que beaucoup de retard a été pris et que pour mettre le jeu dans les bacs à temps, il fallait "finir" vite. C'est un peu dommage, le potentiel du soft était assez important. Bien sûr, Ninja Blade n'a rien inventé, il mixe juste un peu toutes sortes d'idées, ce qui ne l'empêche pas d'être très plaisant.
En revanche, sa durée de vie très limitée - comptez une douzaine d'heures en normal - fait qu'il sera préférable de l'attendre sur le marché de l'occasion, mais attention de ne pas le louper quand même, parce vous passeriez à côté d'un bon défouloir.
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