Test : Gran Turismo 5

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Depuis que la Gran Turismo existe, il s'est vendu pas moins de 60 millions d'unités des jeux représentant la licence, à travers le monde. Un chiffre tout de même largement mérité qui représente déjà 12 ans de présence sur le marché. Gran Turismo s'est toujours targuée d'être la simulation ultime sur console, mais entre temps, et pendant la lente agonie du dernier opus, une autre licence, nommée Forza est apparue chez la concurrence. Une concurrence, qui d'ailleurs ne lui a vraiment pas fait que du bien, et qui peut même éventuellement être à l'origine des multiples retards du nouvel opus. Vouloir faire toujours mieux et prétendre proposer la simulation ultime aujourd'hui est un défi que Polyphony Digital n'a, selon moi, pas réussi à gagner.

Vous allez le voir, je suis plutôt négatif sur le jeu, mais en même temps, il accuse un trop long développement qui ne justifie pas, au final, cette attente. Elle est si dure que ça à développer la PlayStation 3 ? J'espère que ce sera le prochain défi de Sony : proposer des kits de développements et une architecture qui permette de réduire le temps de développement, car Forza 4, par exemple, est déjà prévu pour l'année prochaine, et tel qu'on peut l'imaginer, il ne devrait pas avoir autant de reports. Forza 3 avait grandement amélioré la suite, et on aurait aimé prendre cette claque avec ce cinquième opus de Gran Turismo, par rapport à son prédécesseur.

Test de Gran Turismo 5

Graphismes
Technique
Beaucoup disent que GT5 est magnifique. Je suis, pour ma part, mitigé. Les graphismes sont vraiment inégaux, selon les circuits, et si tantôt, certains en mettent vraiment plein la vue, d'autres restent assez simplistes au niveau des détails. Heureusement, le côté météo et l'alternance jour/nuit provoque de belles séquences sur le coup, plutôt immersives. Mais, ce qui gêne particulièrement dans cet opus, et qui est même inhérent aux anciennes versions, c'est cet aliasing, et ces scintillements (même du bitume) franchement désagréables. On notera aussi le gros foutage de tronche du côté des ombres des véhicules, indignes d'un volume HD. Un prochain patch améliorera cet énorme défaut, largement reconnu par les développeurs. Mais, quid des quelques badauds n'ayant pas Internet, et ne pouvant mettre leur jeu à jour ?

Pour prétendre aborder un nombre hallucinant de voitures, Polyphony Digital a repris d'anciens modèles des opus précédents, qu'il qualifie de voitures standards. Seules, quelques bolides dit Premium ont cette fameuse vue du tableau de bord, et bénéficient de graphismes détaillés. le côté inégal ici dérange, et prouve déjà le côté bâclé du soft. On oubliera totalement la fameuse gestion des dégâts, à des années lumière d'un Forza 3, qui pourtant n'était déjà pas très convaincante. Idem, encore un patch devrait améliorer cet aspect...
8/10


Ambiance
progression
La progression dans GT5 est assez importante de par le fait que l'on démarre, comme depuis le premier opus, avec quelques crédits pour s'acheter un suppositoire à autobus, dans le but de piloter à l'extrême les ultimes et très spécifiques F1. Chaque voiture, toujours plus puissante, vous oblige donc à améliorer sans cesse votre précision, mais l'immersion du pilote ne se ressent pas. Après chaque course, vous gagnerez des points et des crédits, qui vous feront monter votre "level", pour débloquer de nouvelles courses accessibles uniquement par niveaux. Enfin, dans un jeu de courses digne de ce nom, dans lequel on peut piloter des voitures de rêves, et de surcroit des japonaises, on s'attend à pouvoir réaliser de beaux tuning. Ici, hormis quelques pièces, sur quelques modèles Premium, il n'y a vraiment pas de quoi s'extasier.
7/10


Jouabilité
Le véritable point fort du jeu. Le gameplay s'est encore amélioré par rapport à Gran Turismo 4, et se veut, avec pas mal de tours de roues, même moins exigeant, probablement pour s'adapter à celui de son concurrent direct plus laxiste, sans négliger l'aspect simulation. L'erreur se pardonne donc plus facilement dans GT5, mais encore une fois, certaines voitures ressemblent plus à de véritable savonnettes incontrôlables qu'à des bolides dignes de ce nom. L'insertion des (mario) karts et malheureusement des voitures de rallyes fait quand même bien mal au côté réaliste du sujet. Ces "modes" supplémentaires sont ici aussi quelque peu bâclés et le plaisir n'y est pas très présents. Encore une fois, on sent une certaine inégalité flagrante d'une voiture à l'autre, ce qui est parfois déroutant, et même quelques fois vraiment énervant. Mais dans l'ensemble, GT5 suit son homologue sur Xbox 360 et une majorité de voitures sont très plaisantes à piloter, avec un facteur de progression intéressant d'un point de vue de la finesse et de la précision du pilotage.
8,5/10


Durée de vie
Voir la vidéo de fin du jeu, alors que vous n'avez même pas encore fait vos 2000 kilomètres de bitume est quelque peu... marrant ? Non, bien sûr. GT5 propose quand même de véritables défis souvent surréalistes, encore une fois, grâce à ses permis (surtout pour les avoir en or). Deux grands "modes" se distinguent : A-Spec et B-spec. Si le premier relève du classique, le second vous force à former un pilote afin de l'aider à prendre des décisions pendant les courses (doubler, accélérer et réduire la cadence...). A-Spec se compose donc de championnats et de courses assez nombreuses, suivant le niveau que vous avez. B-Spec, lui, peut être perçu comme inutile et dérangeant, puisque vous ne conduisez pas. Passer son temps à attendre devant des courses interminables à donner quelques ordre, de temps en temps, est quand même frustrant. Pas vraiment innovant donc, puisque déjà présent dans l'opus précédent, mais ce mode s'est quand même un peu amélioré. Il ne m'a bien sûr que peu convaincu. Du coup, je vous avoue : l'envie d'y retourner n'est pas aussi excitante qu'on pourrait le penser.
7,5/10


Difficulté
IA
Peut-on dire que GT5 est difficile ? Clairement pas. Seuls tous les permis en Or relèveront l'élite. Dans les courses, c'est très inégal. Il est parfois impossible de finir 1er avec des voitures équivalentes non modifiées, et c'est le côté réaliste / plausible qui en prend un coup. Mais GT5 ne serait pas un vrai GT sans son intelligence artificielle déplorable. Les concurrents suivent des lignes virtuelles, et ont une fâcheuse tendance à oublier que vous êtes là. je pensais quand même que le processeur de la PS3 permettrait de faire de bien belles choses de ce côté, mais ce n'est vraiment pas le cas, ce qui rend les courses bien souvent irréalistes et peu naturelles. La note fait une moyenne des deux aspects.
6/10


Multijoueurs
Interface
Concernant l'interface du jeu, elle est lourde et lente, et franchement peu convaincante, ni intuitive. On se demande même ce qui a bien pu se passer dans la tête des développeurs pour nous pondre ce genre de menus. Même avec l'habitude, on se sent constamment "perdus", comme obligé de passer par d'autres menus indésirables. Améliorer une voiture demande, par exemple, de passer par d'interminables menus et vous oblige à beaucoup trop de validation. Il serait temps de reprendre le volant en main de ce côté, parce que l'interface est loin d'être agréable à utiliser. De plus, si jamais vous trouvez le mode multijoueur, vous gagnez le droit de lire le manuel qui va avec... Justement, en parlant du multi, il ne fera pas office de référence, encore une fois à cause d'une interface qui le rend peu accessible. Mais jouer en ligne à GT5 n'a rien non plus d'une exaltation et manque ici cruellement de possibilités.
4/10



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