Sea Change par Pen Waggener

Lire sur Internet, c'est clairement fatiguant avec nos écrans rétro-éclairés à LED qui explosent bien souvent un seuil de luminosité acceptable pour les yeux. Pour lire confortablement, rien de tel qu'une liseuse proposant un système d'encre électronique, comme le (ou la) Kindle. Mais ce qui remporte davantage de succès auprès des consommateurs, ce sont surtout les tablettes à rétro-éclairage. Oui, au final, le problème ne fait que se déplacer... en se rapprochant simplement un peu plus près des utilisateurs. Lire de vrais livres électroniques sur une tablette comme l'iPad, ce n'est donc pas ce qu'il y a de plus confortable, le soir avant de s'endormir mais la lecture tend à évoluer vers des usages plus interactifs et beaucoup moins littéraires.

L'évolution de la "lecture"

Cette évolution des usages de lecture, c'est quelque part ce qui arrive encore aujourd’hui à sauver le marché des journaux et des grands magazines d'informations sur papier, mais la fin de ce marché - contrairement à celui du livre papier - approche chaque jour un peu plus à mesure qu'un accès à Internet s'ouvre, et encore davantage chaque fois qu'un internaute s'achète l'une de ces tablettes et liseuses électroniques. Les consommateurs s'habituent et se divertissent en diversifiant leurs pratiques pour délaisser celles des marchés qui ne s'intègre pas. On voit, par exemple, de nouvelles applications comme Push Pop Press qui montrent d'ailleurs que la véritable lecture n'a plus trop sa place, et qu'elles devraient même s'orienter dans l'usage numérique vers des contenus nettement plus interactifs pour sustenter les besoins boulimiques d'informations rapides. Voici ce que l'avenir préfère nous apporter.



Ici, le format est bien entendu fermé et propriétaire à l'extrême, mais le nouveau format ouvert des ePub évolue aussi dans ce sens. Très honnêtement, après avoir vu cette vidéo, pouvez-vous vraiment dire que vous avez lu ? A part vous amuser à bouger des images, et perdre du temps à souffler sur votre bidule, les 2 ou 3 paragraphes servent davantage de décor et on ne peut pas vraiment parler de lecture.

Doucement, mais sûrement...

Les grands journaux se sont donc installés sur Internet et c'est bien, mais comme je le disais précédemment, ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable pour les yeux avec ces longs pavés enrichissants mais Ô combien fatigants à lire sur du rétro-éclairage. Pour améliorer ce confort, et lire ses blogs et autres sites d'informations très expressifs, de façon reposante, il existe les liseuses à encre électronique qui simulent l'impression papier de façon très réalistes. D'ailleurs il faut une lumière d'appoint ou naturelle pour pouvoir lire avec. Elles rendent même de grands services aux handicapés visuelles, car elles sont capable d'agrandir les caractères.

Aujourd'hui, on peut s'abonner à ses journaux préférés directement sur ce genre de liseuse élitiste, mais l'offre est quand même encore très limitée, justement parce que le marché n'est pas encore assez mûr. Il faut dire qu'elles n'intéressent qu'une partie trop marginalisée des internautes. Les Echos ou Le Monde, ou encore Libération sont donc des pionniers qui tentent de se faire une petite place au soleil du numérique, et on ne peut que s'en réjouir. Toutefois, quand l'offre légale est présente, c'est encore aujourd'hui un luxe inaccessible aux pauvres pirates qui suffoqueront à la vue du prix d'un seul abonnement - une quinzaine d'euros par mois (voire plus). Le prix de l'information indépendante et de qualité ? Des tarifs moins élevés apporteraient plus d'abonnement ; un juste équilibre à trouver.

Quant aux prix des 'vrais' livres numériques, c'est comme pour la musique : ils sont à peine moins chers venant des grandes maisons d'édition, alors qu'ils ne coûtent presque rien à fabriquer en masse. Mais le marché voudrait surtout accomplir la prophétie de Richard Stallman qui prédisait déjà en 1996 que l'avenir du livre numérique se ferait sous la forme d'un droit de lecture exclusif. Dans notre monde capitaliste du droit d'auteur oppressé ; rien d'étonnant. D'ailleurs, les livres en français, ils arrivent doucement sur la plate-forme amazon, mais il ne faudrait pas oublier in libro veritas, parmi de nombreux autres endroits référencés par ebouquin. Soutenons aussi Numeriklivres, au passage, ou encore le projet Gutenberg qui prouvent qu'il reste encore un espoir pour les amoureux de la liberté de lire.

En revanche, le marché des magazines, lui qui devrait justement être intéressé au plus haut point par cette technologie du "m'as-tu-vu", il ne s'est toujours pas lancé et préfère garder sa présence sur des plates-formes fermées et bourrées de DRM comme Relay. Ce n'est pas comme ça que le piratage cessera, et il ne faudrait pas laisser les habitudes s'installer trop rapidement...

Une adaptation manuelle

Pour s'adapter à ce format spécifique de ces nouveaux matériels hautement technologiques, il faudrait que les sites spécialisés dans l'information proposent une version spéciale à ces liseuses, comme la plupart le font pour les versions dites "mobiles". C'est relativement simple à mettre en place grâce aux feuilles de style (CSS), où seul le contenu textuel devrait être présent. C'est en projet pour ce blog, au passage, mais j'en reparlerai. Sinon, en attendant (longtemps) que l'offre légale arrive et s'adapte aux multi-supports, pour lire de longs contenus sur une liseuse à encre électronique, on peut convertir en "livre" les textes récoltés sur Internet. J'avais présenté le service dotEpub, par exemple qui fonctionne sous la forme d'un petit bookmarklet. J'ai récemment proposé un autre service nettement plus complet sous la forme d'une extension pour le navigateur Firefox nommé GrabMyBooks.


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