J'apprends aujourd'hui que la tablette d'Apple ne sera pas vendue avec des forfaits dédiés directement chez les opérateurs téléphoniques. Orange, Bouygues et SFR ne seront donc plus que des intermédiaires pour la 3G. Ce peut être une bonne nouvelle, pour certains, mais surement pas pour tout le monde. Pour se la procurer, il faudra donc aller uniquement chez nos meilleurs boutiques de ventes françaises, à savoir la Fnac Darty, Surcouf et Boulanger, ou mieux encore, directement en ligne dans la boutique officielle
Étonnant, mais certainement pas illogique, puisque Apple veut tout contrôler. Mais tout de même, ne sommes-nous pas là en présence d'un mépris total envers les partenaires qui servent encore la cause de la firme ? On se souviendra d'Orange pris dans l'engrenage du Buzz pour être à la fois le premier mais aussi le vendeur exclusif de l'iPhone à sa sortie en France. Même si l'iPad n'est pas un téléphone, il n'en reste pas moins que la version 3G nécessitera un abonnement auprès d'un opérateur, qui peut-être potentiellement le même que celui jadis mandaté. Dès lors, le client d'un iPad 3G passera par Apple et lui dira vers quel fournisseur il veut aller. Ce dernier se contentera alors d'émettre une connexion sans même avoir besoin d'en assurer le suivi particulier. J'imagine même que le client en cas de demande de résiliation devra aussi passer par Apple...
Tout de même, le fait de ne plus passer directement par l'un de nos 3 opérateurs français distributeurs de connexion 3G montre bien l'évolution et les ambitions économiques de la marque à vouloir définitivement gérer tout les services associés qui passent par ses produits. Après tout, pourquoi pas. Mais il ne faut pas oublier que ce genre de pratique fera immanquablement monter le prix des abonnements. On se souviendra aussi toujours dans un registre similaire que les éditeurs de livres numériques ont obtenu de la marque Apple une réévaluation de leur profit par rapport à ceux d'amazon. Un moyen simple de faire grimper les prix et de fidéliser par la carotte. L'éditeur sera donc bien entendu ravi de cet gros geste, mais c'est le client final qui en fera les frais.
D'une manière générale, on pourrait même parler d'un asservissement de ses intermédiaires (opérateurs, éditeurs...) maintenus en vie grâce à une pression fiscale très forte, les forçant à jouer sur des marges très faibles d'un côté et bien grasses de l'autre. Un petit exemple côté opérateur : c'est simple, vous voulez vendre vos forfaits 3G sur nos nombreuses tablettes vendue en France ? Pas de problème ; on commence par une franchise pour en obtenir le droit et vous n'oublierez pas non plus de nous redonner le pourcentage mensuel habituel versé par nos vos clients. Quant on sait que l'iPad consommera 10 fois plus de 3G qu'un iPhone, les opérateurs auront intérêt à trouver un prix qui ne soit pas disproportionné. Un autre exemple côté éditeur de contenu numérique : je veux vos livres ; ils sont d'la balle ! Ah, mais votre distributeur actuel (en l'occurrence amazon) vous agresse côté tarifs ? Pas de problème ! Venez chez moi, je vous promets de vous verser 70% sur vos ventes. En plus j'ai plein de clients riches qui ne regardent jamais les prix !
Mieux contrôler les intermédiaires aujourd'hui pour mieux prendre leur place lorsque le temps sera venu de récupérer de bonnes iMarges.
Et la pomme était croquée...
