Le SNEP diffuse son rapport 2012 : 5% de perte du marché de la musique

SNEP : meilleures ventes 1er trimestre 2012

Si le marché du numérique des ventes de musiques est en progression selon la conférence de presse du SNEP du premier trimestre 2012, enregistrant 32,6 millions d'euros (+24%), celui-ci ne l'aide pas à compenser pour le moment la spectaculaire chute du marché physique enregistrant 83,1 millions d'euros à -13%. Par rapport à 2011, ce n'est ni plus ni moins que 5% de baisse des ventes, et représente donc bien une perte tout de même conséquente pour les majors.

On note aussi un fort déclin dans un marché déjà moribond des sonneries et des titres vendus sur les plate-formes mobiles selon ce rapport du premier trimestre 2012 (pdf) du SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique). Dans cet autre rapport complémentaire (pdf), le SNEP se félicite de la chute de MegaUpload, réduisant "considérablement l’audience des cyberlockers", et n'oublie pas non plus d'expliquer qu'entre novembre 2010 et mars 2012, plus d’un million de
personnes ont déserté les sites de P2P.



La chute à la fois d'échange illégal sur Internet et celle des enregistrements légaux va donc dans le même sens. Faut-il y voir une corrélation ?

On peut penser que oui, puisque ceux qui partagent sont aussi ceux qui consomment le plus, mais les majors trouveront une autre raison : la lente transformation du marché physique en numérique qui prend du temps aux consommateurs pour s'adapter. Et c'est là que l'on se gausse. Alors qu'il était plus simple d'acheter un CD (et de le ripper ?), les internautes évoluent doucement mais ont du mal à convertir leurs achats en version numérique. Ils se dirigent plutôt vers Youtube. On se souviendra, il n'y a pas si longtemps, que les DRM en ont clairement vacciner une grande partie aussi, même si en partie abandonnés aujourd'hui (trop tard). Enfin, les nouvelles plates-formes des majors, en progression pourtant de 17%, font payer plus cher de la musique pour une qualité moindre. Autrement dit, ce sont bien les majors qui n'ont toujours pas réalisé qu'il était nécessaire de proposer de la musique à qualité équivalente et surtout moins chère en numérique, et qu'elle soit aussi accessible partout et non suivant des lignes Maginot servant de frontières d'achats.

La HADOPI qui était censée aider à faire progresser les ventes en amenant une nouvelle offre légale adaptée s'avère donc être totalement inefficace pour maintenir les profits. Mais pouvait-on en douter, avec son bilan électorale indiscutable ? Ce qui serait intéressant, c'est de voir, à l'avenir, les futurs chiffres et tendances. Pas sûr qu'ils progressent dans le bon sens, surtout si notre nouveau gouvernement s'entête avec cette loi misérable.


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