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TweetSur Twitter, dans ma timeline, je vous avais promis, il y a quelques jours, de diffuser une nouvelle interview de Cained, une chanteuse de Funk, produite par Akamusic, que je vous avais déjà présentée ici. Ceux qui aiment ce genre musical ne devraient donc pas passer à côté de son nouveau single "Faster", disponible dans sa forme ronde dans quelques jours. Pour le téléchargement, c'est sur l'Akashop ici.
Côté présentation, FASTER est le 1er single du projet CAINED, né de la rencontre entre Leiwia (auteur/compositeur/interprète), Denis Moulin (compositeur/arrangeur), Paul Curtiz (auteur/compositeur/interprète/arrangeur) et Marco De Meersman (batteur de Vaya Con Dios…).
Quelques liens pour vous approcher un peu
Je me suis donc permis de lui reposer quelques questions, et elle a de nouveau accepté de se confier. Place à l'interview.
Coucou Neosting, c’était comme une envie de se jeter de la falaise pour un super plongeon, suivie d’un gros coup de trac ou une envie de courir très vite vers quelque chose mais démarrer en moonwalk.
Mais quand faut y aller, faut y aller… :)
J’ai signé les contrats le 20 mars. C’était la première rencontre physique avec l’équipe d’Akamusic. Ce jour là, nous avons discuté du choix de l’arrangeur et plusieurs noms ont été évoqués. Après cela, c’était le travail du directeur artistique, Stéphane Grégoire, de voir qui conviendrait le mieux au projet, puis de prendre contact avec la personne et de la convaincre.
Denis Moulin ayant accepté de travailler avec moi (yess !), nous avons fait connaissance par téléphone (il vit dans le sud de la France). De son côté, il avait un autre projet à terminer ; ça m’a donc laissé un peu de temps pour me pencher encore sur mes deux compos. Je lui ai envoyé les versions finales fin mai.
Par la suite, il a contacté les musiciens, organisé le planning et la réservation du studio en fonction des disponibilités de tout le monde. Ça a donc pris un peu de temps mais ça m’a permis de prendre du recul et d’arriver en studio dans un bon état d’esprit : ni trop euphorique, ni trop stressée, détendue comme il fallait et prête à cuisiner ;)
Le budget du single est serré. Il y a une répartition pour un tas de choses : le studio, la pochette, les photos, la promo… En studio, on aurait pu faire un 3ème morceau et même un peu plus mais c’était impossible de le savoir avant
En mai, j’ai demandé à Claude « Snoop » Chovino (bassiste des Bugs de Lille) de penser une ligne de basse pour Sweet Lines parce que je n’aimais pas les miennes. Il a trouvé une ligne très chouette (hip hop funk) que l’on n’a pas gardée mais qui m’a donné l’idée d’écrire une meilleure fin pour Sweet Lines en faisant moi-même la basse…
Pour ce morceau, j’avais aussi rajouté des guitares électriques. Pour Faster, j’avais maquetté 9 lignes de basses différentes. Ensuite est arrivé le studio où les morceaux se sont envolés grâce au bœuf.
Je suis pour les morceaux revisités, j’aime bien le faire (mais pour le fun, ce n’est pas ma spécialité) et j’aime aussi écouter ce que les autres font. En ce moment, j’écoute diverses versions des titres de Sébastien Tellier.
C’est vrai qu’en reggae, Faster pourrait se révéler bien sympathique.
J’avais déjà fait un enregistrement en studio avec un timing très serré. C’était avec les Swaï, en tant que chanteuse/co-auteur pour un cd dont les bénéfices étaient reversés à un projet de construction d’orphelinat au Bénin. Je venais de rentrer dans le groupe, on avait écrit les morceaux 15 jours avant, répété 2 fois et enregistré la nuit. C’était hard et si tout le monde trouvait que ça allait, personnellement, je n’avais pas du tout aimé ma voix à la sortie. Ce n’était pas le fait de l’ingé son ni des conditions de studio (superbes) mais de l’urgence dans laquelle j’avais dû et n’avais pas su travailler. En plus, j’étais malade, ça n’arrangeait rien mais il fallait le faire.
En entrant de nouveau en studio en juin, je savais donc au moins ce que je ne voulais pas : bâcler une nouvelle expérience et enregistrer un cd que je n’écouterai jamais. Je n’ai été surprise que dans le bon sens. Denis Moulin et Marco De Meersman avaient déjà travaillé ensemble (Pause Café). Paul Curtiz avait déjà travaillé avec Denis de longues années auparavant.
Il y avait donc une jolie articulation autour de Denis et c’était important puisque c’est lui le bassiste arrangeur. J’ai été épatée par la fine équipe que forme Denis et Paul en production studio. C’était très agréable de bosser avec eux. Tout le monde avait un esprit très ouvert, il n’y avait rien de dictatorial. Michel de Launoit et Stéphane Grégoire nous ont rendu visite pendant l’enregistrement et eux aussi ont fait preuve d’ouverture d’esprit.
Suite à ma première expérience, j’appréhendais un peu le chant. De plus, j’ai du mal avec ma voix, je n’aime pas trop m’écouter. Etant habituée à la scène, à bouger derrière un micro, à le tenir et le reposer, ce n’est pas non plus mon point fort d’être totalement libérée en restant « statique » derrière un micro de studio (je suis plutôt du genre pliée et penchée dans tous les sens J) Malgré tout, ça s’est bien passé, j’étais à l’aise et j’avais envie de bien faire ; Paul, qui a l’expérience du chant a su me driver comme il le fallait.
On a bossé comme des acharnés pendant deux jours, on s’en est pris plein les oreilles mais c’était aussi parsemé de pauses très sympathiques où l’on papotait de vélo, de Lille, de Gand, de Bruxelles, de musique… Marco aussi est un personnage très doux. On découvre les gens au boulot derrière leurs instruments et en dehors sous des aspects insoupçonnés. C’est étrange le studio ; l’idée que ce que l’on y fait sera gravé.
Quand j’ai écouté le cd pour la 1ere fois, j’étais contente de retrouver tout le travail musical mais aussi toute l’ambiance qu’il y avait pour le réaliser. Le studio Caraïbes et son équipe sont également très agréables. Il faisait très chaud en cette fin de mois de juin et c’était une très chouette expérience. Je suis réconciliée avec le studio :)
On est sorti du studio le 25 juin. Denis est reparti dans le sud de la France avec toute la musique sous le bras, Paul a rebossé avec lui quelques temps, on s’est échangé des fichiers, des idées, on a rajouté des instruments qu’on a gardés ou pas, on a écouté, discuté entre nous et avec Stéphane Grégoire. Les masters ont été réalisés début août.
J’attendais qu’il se passe quelque chose avec les musiciens. Il y a toujours une appréhension quand on ne se connaît pas. Ca ne concerne pas leur savoir faire dont je ne doutais pas mais juste la peur de l’inconnu. Qui sont-ils ?comment fonctionnent-ils ?comment allons-nous nous entendre ? Allons-nous nous entendre ?! Où irons nous ?...
En fin de compte, la bonne énergie vient aussi de cette destination inconnue avec des voyageurs qui ne se connaissent pas. Enfin, bonne…quand on voyage bien tous ensemble, quand on se trouve….par chance, c’est ce qui s’est passé.
Au-delà de ça, je suis également ravie de tous les claviers vintage que l’on a pu faire sonner sur le single, de la présence de la voix de Paul Curtiz (j’adore sa voix, je trouve que c’est un funky tueur), de la longueur de Sweet Lines (pas une fois il n’a été question de couper le scat et la fin), du groove de Faster et du jeu des musiciens
Je pense qu’ils savent ce qu’ils font. Quand je suis allée dédicacer les cds à Bruxelles, l’équipe Aka était plongée dans le boulot de cette jolie rentrée musicale avec les sorties de Folks Divine, Fleen, Colline Hill…
Ça transpirait :)
Je n’y connais rien en matière de plateformes de téléchargement, je ne m’en sers jamais. J’achète toujours mes cds comme ma baguette, à la boutique. Et depuis la disparition du 45 tours, je n’ai acheté que des albums. Aucun single cd. Je ne suis pas trop une référence… Le commerce n’est absolument pas mon domaine non plus. J’ai même du mal avec le commerce équitable. Oxymore : le commerce, c’est du commerce… mais je peux comprendre le choix de passer par un gros distributeur dans cette logique de vente et de tentative de faire vivre un cd.
Je ne sais pas s’il y a moyen de trouver une alternative à ça. L’Akashop constitue déjà un début mais est-ce que ce n’est pas trop petit par rapport aux monstres ? Bon, si ça ne marche pas, tu aimes jouer au frisbee ? On pourra toujours se faire un ultimate frisbee avec les autres producteurs en utilisant ma galette ;)
Pour la photo, je ne tenais pas forcément à ce qu’on me voit, j’aurais plutôt fait dans la suggestion mais j’ai été convaincue par des copains qu’il serait dommage de passer à côté d’une partie de la présentation. J’avais la possibilité de faire un shooting pour faire de belles photos mais j’ai préféré garder la partie de ce budget pour autre chose. Idem pour le digipack, j’ai préféré en choisir un petit. Il n’y a pas de petites économies. (Au final, c’est plutôt sympa, sobre et de cette façon, il n’y a pas de plastique sur le « bois » de la pochette).
La photo a été prise il y a deux ans par Ludovic Cayen dans le bois de Boulogne qui entoure la Citadelle de Lille. C’était pour illustrer mon site internet. En triant les photos dont je disposais, j’ai trouvé que celle-ci était plutôt jolie et puis comme ça, tout vient de Lille et notamment d’un endroit que je traverse quotidiennement à pied et à vélo.
C’est le poumon vert de Lille, le coin de nature dans la ville. La pose est une pause tranquille dans la course habituelle (Faster) et il y a un côté contemplatif (Sweet Lines). Ce sont les graphistes Jérémy Vanderschelden et David Baudart qui ont réalisé la pochette. David a très vite vu le côté oldies/funky à donner, il a jauni la photo et apporté une autre touche vintage avec le papier froissé et l’encre. Le côté bois me tenait également à cœur.
J’ai tout de suite aimé les premières maquettes. Coïncidence, le cd sortira physiquement à l’automne. Je n’avais pas du tout pensé à ça. Il y a eu pas mal de coïncidences heureuses pendant le projet. Les producteurs ont apprécié la pochette et les gens qui me connaissent m’ont reconnue donc, je pense que c’était effectivement un bon choix.
Au départ, je ne pensais qu’au single. C’était déjà incroyable d’avoir toute cette écoute et ce soutien du cœur et financier pour pouvoir le réaliser. 15000euros, un arrangeur, des musiciens, un studio, c’est une somme !
Je l’ai fait comme si c’était le premier et le dernier.
Après être sortie de studio, je n’avais qu’une envie : refaire de la musique avec la même équipe. Deux jours, deux titres, on reste un peu sur sa faim. En voyant le résultat ce mois-ci, je rêve à fond de pouvoir faire l’album. Par rapport aux conditions de travail, à la qualité des musiciens, à l’entente, je pense qu’on peut faire quelque chose d’encore plus abouti.
Je pense en mettre autant que possible sur la galette même s’il faut tasser J J’ai ma pelle et mon petit râteau. Quant aux noms, j’ai plusieurs morceaux écrits depuis 2007 et d’autres qui sont nés dans le mouvement cet été. Ils ne sont pas sur internet. Il y aura peut-être aussi de la co-composition avec Denis et Paul. J’ai commencé à mettre des extraits dans mon player, d’autres suivront
Je tiens à garder cet esprit funk. Ce n’est sans doute pas ultra commercial mais j’y tiens.
Il y aura sans doute des morceaux plus soul funk, plus doux mais je n’ai pas non plus envie de faire un album tout mou. Ce qui m’intéresse, c’est le rythme. J’aime bien le jazz aussi et le principe de Maceo Parker « We like to do 2% jazz, 98% funky stuff »
Je me dis que c’est une autre porte qui s’ouvre et que c’est le moment de mettre toute mon énergie sur un plus gros éventail de compos. Ca fait longtemps que je chante les compos des autres ou des reprises. C’est un chouette partage aussi mais avec l’album, j’aurais la chance de vraiment faire ce que j’apprécie le plus : de la recherche personnelle en home-studio jusqu’à la petite vie de la chanson sur scène
Je le saurai réellement avec la sortie physique du single début octobre, la circulation et le bouche-à-oreille. Il y a d’un côté ce que je peux faire et de l’autre, ce que peuvent faire Akamusic, les producteurs et les fans.
De mon côté, je suis en train de mettre en place une formule de concerts avec un guitariste. Nous attendons d’autres musiciens pour le projet mais à deux, le résultat est déjà très sympa et on a envie de se faire plaisir et de s’exposer aux tomates…pour le meilleur et pour le pire. Par rapport au studio, c’est dépouillé mais justement, il y a moyen, je pense, de faire deux choses différentes et c’est mieux.
Là, je n’écris plus pour l’article mais je voulais juste te dire que j’ai trouvé tes questions très intéressantes (comme d’hab ;)) et que ça m’a permis de faire le point sur cette aventure assez particulière, riche en expériences, rencontres, émotions, remises en question… Sinon, tu peux peut-être conclure en écrivant qu’un extrait de l’enregistrement studio de Faster a été mis en ligne aujourd’hui sur ma page.
Je te remercie grandement pour ces questions, ce que ça m’a apporté de devoir y répondre et ton soutien depuis le départ. Une chance qu’on soit de la planète musicale ;) Je me demandais ce que tu pensais des autres groupes de Funk d’Akamusic. J’aime bien The Kmg’s mais je n’ai pas trop fouillé le registre funk d’Aka à vrai dire.
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