App.net, un réseau social payant qui décroche les ambitions

Sur Internet, les services web fonctionnent sur deux modèles différents : le gratuit où les données des internautes servent de monnaie d'échange, et le payant, où normalement, l'internaute doit pouvoir jouir de ses propres données.

Ça tombe bien, parce qu'un petit nouveau dans les réseaux sociaux arrive et entend proposer le second modèle. Ce service, c'est App.net fondé par Dalton Caldwell qui a obtenu la faveur de 10.771 investisseurs pour atteindre 705,050 dollars en utilisant le mécanisme de financement communautaire, façon Kickstarter. À noter qu'avec App.net, la limitation de ses expressions sera de 256 caractères.

Contrairement à Twitter ou facebook, qu'il prétend concurrencer, ce service n'est donc pas gratuit. Il faudra s'acquitter de 50 dollars par an pour pouvoir en profiter. Pour les développeurs qui veulent aussi profiter de son API, ce sera 100 dollars par an. Une initiative intéressante à première vue, puisqu'en contre-partie, App.net s'engage à ne jamais mettre de publicités ou à revendre et exploiter les données de ses utilisateurs sur son réseau. Mais est-il déjà trop tard ? La concurrence du gratuit où l'on vend son âme au Diable et où le produit à vendre, c'est bien le client a déjà fait le tour de la planète. Un système qui est désormais rentrée dans les habitudes.



Comme les internautes sont habitués à ne rien payer, et avoir tout "gratuitement", App.net risque bien d'avoir du mal à se développer, ou à seulement intéresser une petite niche. Un autre point relativement négatif aussi, c'est que finalement App.net est comme tous les autres réseau sociaux : centralisé. Que se passera-t-il le jour où ses dirigeants voudront arrêter les frais par manque de rentabilité ? Tous les clients auront payé pour... rien ou pour juste regarder disparaître leurs données dans une nature improbable ?

La seule et unique solution consiste à utiliser un réseau social libre que l'on héberge chez soi et que l'on peut interconnecter avec les autres. Diaspora*, Identi.ca ou encore Friendica sont justement ces alternatives qu mériteraient davantage de considérations, mais c'est bien connu : l'Homme va là où c'est le plus simple, et installer son propre réseau social, ce n'est pas donné à tout le monde. L'engrenage est là, et les suiveurs suivent.


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