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TweetDepuis peu, un nouveau service, lancé, s'il vous plait, par Mr Peter Sunde, à l'origine de The Pirate Bay, risque bien de faire des émules et investir, par la même, un nouveau mode de rémunération des artistes (musiciens, scénaristes, pigistes...). Qu'ils soient auto-entrepreneurs ou simples amateurs, cela ne changera rien au principe. Respectant quelque peu la philosophie de TPB, qui veut que pour recevoir, il faut aussi donner, le nouveau service de Peter va surement continuer de faire parler de lui ces prochains temps, et se nomme Flattr.
Son principe de fonctionnement est terriblement simple à comprendre ; moins à expliquer. A l'aide d'un bouton de vote, comme ceux que l'on peut trouver régulièrement sur tous les blogs servant à partager ses articles (ou ses contenus créatifs), Flattr va donner l'opportunité aux artistes de se voir rémunérer pour le contenu qu'ils produisent. A leurs tours, pour recevoir, ils devront participer au système et donner en cliquant sur les boutons présents dans les contenus qu'ils aiment. On le voit, le rémunérateur, si, il est aussi créateur pourra recevoir à son tour ; la boucle est bouclée.
Une nouvelle et future économie numérique pourrait bien voir le jour. Un défi pour le moins original qui surpasse l'économie actuelle basée essentiellement sur la publicité. Le plus fort dans cette histoire, c'est que cette nouvelle "économie" ne rentre ni en concurrence, ni en conflit avec ce qui existe déjà. En revanche, l'avarice populaire pourrait bien être à l'origine du non-succès du service. En effet, si tout le monde part plus ou moins sur un pied d'égalité, le fait que les rémunérateurs - qui sont aussi créateurs - ne reçoivent jamais rien, les inciteront à abandonner le principe, faisant ainsi baisser progressivement le succès et la popularité du système. Comme toujours, seuls les artistes les plus connus profiteront du système mais pour quelques temps, seulement. Le rôle des rémunérateurs est donc très important sur Flattr, et ils ne doivent pas l'oublier ni perdre de vue qu'un bouton Flattr est synonyme d'un potentiel rémuérateur à ne pas perdre ; la survie du système en dépend.
Sur le principe du donnant-donnant ou du flatteur-flatté, il faut donc commencer par se créer gratuitement un compte sur Flattr, pour le moment seul intermédiaire entre les rémunérateurs et les créateurs. Ensuite, par paypal ou par carte bancaire, l'internaute, le blogueur ou l'artiste dépose des fonds dans un minimum de 8€. Il choisit alors la somme qu'il veut dépenser chaque mois pour rémunérer les créateurs qu'il aime avec un minimum de 2€. Chaque clic au cours du mois sur ce bouton lui permettra de partager entre ses différents flattés la somme désirée (les 2 euros minimum). Inutile de vous dire qu'à grande échelle, les sommes ne seront pas insignifiantes. A savoir aussi : si le flatteur n'a flatté personne, les 2€ seront quand même retirés et profiteront a des associations caritatives. Enfin, pour savoir à qui donner, un digg-like spécial flattr est même présent avec quelques filtres (langues, catégories...).
Hélas, car il y a un "mais", Paypal sait se servir goulument au passage. Ainsi, déposer 8€ sur ce compte ne permet pas de tenir 4 mois, puisque il ne restera que 7,38€. A cela, lorsque le transfert en fin de mois doit avoir lieu, ce même intermédiaire financier se servira encore une seconde fois, selon ses règles habituelles. Il semble que cela pourrait évoluer dans le bon sens car avec ce genre de contrainte, c'est tout la popularité du service qui est remise en cause. Et vu le potentiel d'échange possible, il y a fort à parier que paypal saura trouver un arrangement spécial calculé suivant le nombre de flatteurs potentiels. Trop de commissions démotiveront les échanges, et ce sera autant d'argent perdu pour eux.
J'ai plus ou moins dit ce que j'en pense dans ma précédente analyse, et si pour le moment Flattr est en béta et disponible sur invitation uniquement, lorsqu'il sera ouvert, je suis certain que la blogosphère se jettera dessus. Nous sommes en présence d'une nouvelle philosophie économique liée à la rémunération des artistes, et surtout des blogueurs pour commencer. Flattr va tenter de créer un éco-système qui récompensera le qualitatif, au bon vouloir de chacun, certes, mais l'intention est plus que louable. J'ajouterai enfin que cette monnaie virtuelle se contente de voyager dans une économie fermée qui prendra tout son sens le jour où flattrer deviendra un réflexe comme un certain bouton "j'aime". Le chemin est encore long mais pas impossible, en espérant que le principal intermédiaire (paypal surtout) réduise vraiment ses commissions et que Peter Sunde tienne ses promesses quant à faire évoluer les siennes..
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