Pearltrees est en développement depuis plus d’un an, et il se veut, comme l’indique mon titre, la nouvelle génération du social bookmarking. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le concept est totalement différent de ce qui se fait actuellement, et il n’est pas dénué d’atouts à faire valoir. Son principe, sans être complexe demande juste un peu de réflexion, mais son auteur, Patrice Lamothe en parle très bien dans cette vidéo, réalisée par Jean Michel Billaut.
Comme son nom l’indique, Pearltrees signifie dans une mauvaise traduction « les arbres de perles » (collier de perles en fait). Derrière ce nom bizarre, on pense tout de suite aux fameux arbres généalogiques, ce qui reflète bien le principe du service et cette nouvelle manière d’appréhender le contenu d’Internet sous forme de carte (map). Ainsi, une fois inscrit (c’est gratuit), un plugin fonctionnant très bien sur Firefox 3 sera alors disponible pour commencer à utiliser pearltrees facilement (il n’est d’ailleurs pas indispensable, vous pouvez ajouter les urls une à une…). Celui-ci consiste au départ en cliquant sur « enregistrer », à tracer votre navigation. Libre à vous de stopper l’enregistrement quand bon vous semble.
Les sites alors visités seront représentés par des perles directement intégrées dans une carte. Les perles seront reliées les unes aux autres de manière chronologique. Vous aurez donc compris, qu’au lieu d’enregistrer n’importe quoi, vous formerez autant de cartes que vous voulez, chacune sur un thème précis, et c’est là qu’est la différence. Heureusement, la navigation n’étant pas toujours sure, vous serez libre par la suite d’effacer les sites inutiles, ou de déplacer les perles selon vos désirs et l’ordre que vous voudrez leur donner. Vous pourrez même y revenir pour ajouter d’autres perles.
Le but de ce service est en fait de partager vos cartes sur votre site (ou ailleurs…) pour attirer de nouveaux « followers » intéressés par vos sujets. Bien sûr, vous pourrez surfer à votre tour sur les cartes de vos « amis » pour agrémenter les vôtres avec des sites que vous n’auriez pas vus. Il est à noter que vos arbres de perles – pearltrees – resteront votre « propriété » dans le sens où ils (vos arbres) ne seront modifiables que par vous même. Mais le service se veut très ouvert. En effet, certaines perles auront une auréole de couleur spécifique, vous indiquant, par exemple, que le site qu’elle représente se trouve aussi dans une autre carte. Il s’agit ici tout simplement d’une navigation croisée à l’origine de vos futures découvertes.
Cependant, vous n’aurez pas besoin de cliquer sur toutes les perles et ouvrir autant d’onglets dans votre navigateur, car Pearltrees propose un navigateur interne qui affiche les sites normalement avec en plus la possibilité de faire une lecture automatique du parcours créé par votre ami, à la manière d’une vidéo.
Google a toujours cherché à cibler au plus près les intérêts de ses clients, mais Pearltrees va, si le service se répand, lui faire un joli pied de nez. Logiquement, lorsque vous cherchez un sujet précis dans le fameux moteur de recherche, vous tombez très souvent sur des pages qui n’ont pas un grand intérêt ou qui ont très peu de rapport, et ce même en première page. Avec ce service, vous serez presque assuré de découvrir tous les sites intéressants. Ce seront donc chaque internaute qui seront un moteur de recherche en puissance, pour peu qu’ils jouent le jeu.
Mais le service se veut aller plus loin, puisque les entreprises pourront par exemple référencer tous les documents de cette manière dans leur intranet. Les possibilités à y réfléchir sont même très nombreuses, et si le succès est au rendez-vous, je suis prêt à parier qu’il deviendra une référence dans l’évolution d’Internet, et dans la manière de travailler « en ligne ». En tout cas, la cartographie du Net est en cours et elle se veut visuelle et facile d’accès. On imagine même un nombre d’APIs hallucinants pour encore mieux cibler et faire évoluer le service.
Mais pour le moment, Pearltrees n’est pas sans défaut, puisque je n’ai toujours pas vu de moteur de recherche intégré (une future API ?), ce qui je trouve est très dommageable. On démarre en fait avec des mots clés approximatifs en page d’accueil, suivant vos propres maps. Enfin, sur ce tableau qui pourrait être idyllique, on trouvera à la fois le pire et le meilleur, suivant que les internautes respectent ou pas cette règle simple qui consiste à entourer un sujet. En effet, si les cartes proposent des perles sans réels liens avec le sujet de départ, ça deviendra vite le bordel pour ceux qui voudraient profiter du système et découvrir ce qui est censé les intéresser. Il faudra donc trier comme toujours les meilleurs « mappeurs », mais le service est jeune, et comme je l’ai dis, détient un potentiel au succès indiscutable.
Voici pour finir un exemple d’une map que j’ai fais sur hadopi.

Et, pour rester dans le sujet, celle que je viens de faire pour Pearltrees :

Screencast en français.
Présentation par Patrice Lamothe
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