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L'UMP et le PS font suspendre et censurer des comptes à but parodique sur Twitter. La caricature qui se confond avec l'usurpation d'identité


Mise à jour du 22 février 2012. Sans l'effet Flamby et le tintamarre médiatique qui s'est produit jusque dans les journaux télévisés à propos de la censure un peu trop automatisée de ces nombreux comptes parodiques sur Twitter, je me demande si @_NicolasSarkozy aurait été un jour de retour. Bienvenue donc de nouveau dans la Twittosphère, mais il en reste encore d'autres, tout comme il n'y a pas qu'un seul comique sur scène en France. On notera quand même que la suspension est nettement plus rapide que la réhabilitation.


Au moins les deux plus importants partis politiques français du moment, à savoir l'UMP et le PS n'ont aucune considération pour la liberté d'expression, en cette période électorale, et surtout en ce qui concerne le droit de parodier et de caricaturer sur Internet. Si, ils le pouvaient, ils feraient donc censurer les Guignols de l'info sur Canal+, comme ils se permettent de demander à Twitter (qui s'exécute au pas et presque sur le champ) de censurer de faux comptes de clowns.

C'est en ce moment le cas avec la censure de pas mal de comptes dans une liste toujours grandissante chaque jour, parodiant le Chef de l’État français. Twitter tente de se justifier, mais l'indignation est réelle devant ces suspensions liberticides. Pourtant, Nicolas Sarkozy avait dit en 2007 : "Je préfère l'excès de caricature à l'absence de caricature".

Rassurez-vous (ou pas), c'est aussi le cas du candidat de l'opposition qui agît même avec encore plus de virulence, comme le note Numérama en voulant porter la caricature devant la justice. Bluetouff y va aussi, fort logiquement, de son petit post en rappelant que Twitter est capable d'agir en censurant toujours plus vite de nouveaux comptes. Une demande du candidat sortant qui doit sûrement stipuler ne vouloir AUCUN débordement supplémentaire, et qui somme Twitter de réagir vite. Personnellement, je pense que sans ce genre de missive, Twitter, soi-disant aimant la liberté d'expression, n'agirait pas ainsi. J'en veux pour preuve avec le compte @_NicolasSarkozy crée en 2010 et seulement suspendu récemment.

A voir aussi l'article de LeMonde.fr rappelant l'excuse du délit : l'usurpation d'identité : un terrain sur lequel l'UMP s'est largement battue avec sa future carte nationale numérique d'identité qui va ficher 45 millions de français et honnêtes gens. C'est certain, Twitter reste un noyau centralisé, une entreprise privée qui fait ce qu'elle veut, et si l'on est pas content, on va voir ailleurs ou on ferme sa gueule pour reprendre les propos de Monsieur 'Mozilla' Nitot. Seulement l'usurpation d'identité ne peut pas indéfiniment se cacher derrière la caricature ou se confondre avec la parodie.

Twitter en entreprise privée, l'est tout autant que Canal+, la chaîne des Guignols de l'info. La plupart du temps Mr Denisot demande à nos Politiques si, ils "aiment" les Guignols. Ils répondent généralement tous dans une langue de bois impossible à scier même avec une machine professionnelle, qu'ils sont heureux de voir ce genre de caricature, que ça leur permet de se voir différemment de montrer que la liberté est bien là... Et pourquoi donc, un compte Twitter et surtout des tweets ne pourraient pas représenter la même chose qu'une chronique des Guignols ? Certains gazouillis ont beaucoup d'humour et vont clairement dans le même sens que certaines parodies des Guignols.

Mais, Twitter n'est pas encore vraiment lancé en France, ou du moins, ne rencontre peut-être pas encore un succès aussi flamboyant auprès de l'internaute français lambda. Faire censurer quelques comptes n'aura donc que peu d'incidence sur ses électeurs, mais c'est aussi sans compter sur l'effet flamby d'Internet (un bouche à oreille ultra-rapide). Les Guignols, eux, se sont implantés à une heure publique de grande écoute, et les censurer aurait une incidence nettement plus catastrophique que le bad buzz actuel sur Twitter pour les Politiques qui essaieraient. Le Peuple crierait au scandale, au fascisme, et le verrait comme une honte pour ceux qui sont censés défendre la liberté d'expression dans un régime soi-disant démocratique.

Empêcher le droit à la caricature ou à la parodie, c'est comme si on faisait taire définitivement le comique Stéphane Guillon. Ah, oui, pardon, ils essayent déjà tant bien que mal, en le faisant virer d'une radio populaire, et peut-être même en faisant retirer ses affiches de son futur spectacle dans le métro. Mais on trouve toujours des excuses plus ou moins valables pour justifier de tels actes. Il faut espérer que ce n'est qu'une histoire d'apparence avec des comptes qui utilisent un avatar avec l'image publique d'hommes susceptibles. Mais, même là, l'excuse reste encore foireuse.

Contrôler la parodie, la caricature, ou au final l'information, c'est contrôler le peuple, lui mentir, et le priver de ses droits pour le manipuler et lui cacher ce qu'il est en droit de voir et de savoir. Internet est donc justement ce vilain petit canard à enchaîner qui fait trop de bruit, trop vite, mais je ne suis pas sûr que ce soit la meilleure solution pour avoir une France forte...


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